François Prum, un bâtonnier qui aime surtout le droit … des affaires

En marge du procès LuxLeaks, le bâtonnier François Prum s’est permis de donner son avis sur le procès LuxLeaks, non pas en son nom personnel (ce qui ne poserait aucun problème), mais bien dans sa fonction de représentant des avocats exerçant au Luxembourg.

C’est ainsi en tant que «primus inter pares» dans l’ordre des avocats que Me Prum considère sans démonstration aucune que tous les rulings qui ont fait l’objet des révélations de LuxLeaks seraient légaux. Me Prum se borne par ailleurs à réclamer des sanctions pénales – sur base du seul code pénal – à l’égard de ceux ayant révélé le scandale LuxLeaks, tout en ignorant aussi bien leur statut de lanceur d’alerte et la protection qui accompagne celui-ci, que l’intérêt général de leur action. De manière nonchalante, il fait abstraction du droit européen et notamment de la Convention Européenne des Droits de l’Homme comme norme hiérarchiquement supérieure au droit pénal interne (*).

Le bâtonnier s’offusque également des mobilisations de solidarité avec les inculpés, qui à son avis ne respecteraient pas la justice, et reproche encore à la presse de prendre la relève de ces actions en s’exprimant sur le procès sans rien n’y connaître. Pourtant, lui-même semble bien exprimer son seul point de vue dans cette même presse, comme ce fut le cas pour défendre la banque Sella dans l’affaire de l’Angolagate.

Bref, Me Prum semble avoir bien plus de considération pour le droit des affaires que pour le droit tout court …

Comité de solidarité avec les inculpés du procès dit LuxLeaks

(*) Voir à ce sujet l’article de notre collègue Justin Turpel sur son blog: Un bâtonnier trop partisan de la haute finance.